mardi 15 mai 2007

Variation usée #2 : Enfant bénie du bon dieu

Qu'est-ce qui me dérangeait le plus? De faire la pute ou d'aimer faire la pute? D'aimer me faire traiter comme une chose, comme un objet?

Qu'est-ce qui me dérangeait le plus? De renier ce que mes mères, mes tantes, mes grand-mères avaient mis des décennies a construire, pour le simple plaisir de redevenir une femme-chose? De trouver une extase, une adrénaline, un défi, une chasse, une prédation, une drogue, dans les jeux de la séduction? D'être prédatrice? Les femmes ne sont pas prédatrices, elles sont soumises et aimantes. Quand elles baisent, elles le font par amour. Les hommes, eux, ont besoin de butiner, de séduire, de se vider. C'est dans leur nature, c'est même biologiquement nécessaire, ils n'y peuvent rien. Donc, mesdames, messieurs, soyons conciliants avec ces petits êtres. Par contre, une femme qui butine, qui prend son pied, qui baise a outrance, est, n'ayons pas peur de le dire, une saloppe, une pute, une trainée de première. Donc, j'étais une saloppe? Pire, j'aimais être une saloppe?

Mais soyons réaliste, non pas que je m'acharne sur mon sort, car je m'y plais bien, mais, on m'a crée ainsi, je ne suis qu'un sous-produit de ma mère-société. Comme mes petites compatriotes, on m'a enseigné a être une petite saloppe, on m'a enseigner l'Art de la pute, le grand.

Lève ta main quand tu veux parler, obéi, sois gentille on te récompensera, met ta petite robe, tu es tellement jolie, donne, n'attends rien en retour, plait. Plait a tes parents, a tes éducateurs, a tes gardiens, a l'homme, plait plait plait, plaieeeeeee toujours, c'est ton rôle. Sois polie, obéissante. Mets-toi a quatre pattes. Apprend a être une bonne hôte. Suce a t'en défoncer la gorge. Tient bien la maison. Avale, saloppe. Entretien le jardin, c'est tellement jolie. Écarte-bien les cuisses. Le coq au vin c'est un délice, maitrise la technique. Laisse-toi pénétré par tout les orifices, c'est bon. Tu aimes ca, tu dois aimer ca. Laisse-toi pénétrer a t'en déchirer la chatte et l'âme. Après tout, c'est ce qu'on lui a fais a cette âme depuis toujours. Et si tu es encore la, et bien c'est que ma chérie, j'ai le regret de te dire que, et bien, tu aimes ca. Non, nenon, chuttt!!! Tu aimes ca.

Et ce qui me dérangeait n'était peut-être pas tant le fait d'être un produit de ma société, mais bien le fait, que je me fusse tellement bien adapté a ce rôle que le salut ne pouvait arriver d'ailleurs, que mon salut, je le trouvais directement dans ma putasserie.

4 commentaires:

Chiquita Banana a dit…

Voilà ma douce muse, les mots que j,aurais aimé écrire.... je suis sans mots, je ne peux que te vénérer

Francis Lussier-Charron a dit…

J'aime ce texte.

Anonyme a dit…

c'est ma première visite ici et j'avoue que ton texte est très questionnant ........ même pour une homme

Anais a dit…

C'est drole....j'ai longtemps hésité a publié ce texte...Je le trouvais vachement trop cru...Contente de voir qu'il amène un certain questionnement...;)