Il avait élu domicile à quelques pas de chez-moi.
Trapu, courbé, les mains plisées, la démarche pénible, mais le regard vif
Le regard vif et percant de celui qui a vécu mille ans
De celui qui a tout vu, qui a tout vécu.
Je l'appelais petit-maître.
Je crois qu'il m'avait choisi comme apprentie.
Il m'enseignait lors de longue promenade;
Me fesait découvrir l'intangibilité du temps
à travers le sable coulant de sa fragile main recourbée,
La fragilité et l'éphémère à ses caresses sur les pétales,
Au plaisir de la purification lors de légère averse d'été,
Au combat incessant de tout êtres vivant
lorsque sa démarche se fesait pénible lors d'excursion trop longue.
C'est dans ces moments, que je le prenais dans mes bras.
Il me regardait avec toute la sagesse de ces trois ans.
Lui mon petit maître.
Celui qui me fesait découvrir le sacré et le merveilleux en toute chose.
Celui qui me fesait découvrir la vie, la grande magnifique.
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